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Blockchain, supply chain et logistique : étude

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L’amélioration de la transparence et de la fiabilité des chaînes logistiques (supply chain) : c’est LE grand usage des technologies blockchain pour les entreprises, au-delà du seul secteur bancaire. Découvrez notre étude dédiée, qui vient de paraître.

Extraits de l’étude :

Les expérimentations se sont multipliées en la matière ces derniers mois, initiées par des entreprises de multiples secteurs. L’agroalimentaire est le secteur le plus actif sur le sujet. La récurrence des scandales n’y est pas étrangère : pensons au scandale de fraude à la viande de cheval en 2013, de lait frelaté chinois en 2008, ou plus récemment de la contamination à la bactérie E.coli de restaurants Chipotle aux Etats-Unis en 2015. Le coût de la fraude dans la supply chain alimentaire s’élèverait jusqu’à 40 milliards de dollars par an (Pwc, 2016).

Face à ce constat, la blockchain constitue un outil puissant pour lutter contre l’opacité de la supply chain, et aboutir à des diagnostics bien plus rapides sur les sources de contamination. L’enjeu est de taille : aujourd’hui en cas d’intoxication alimentaire d’un consommateur, au moins deux semaines sont nécessaires pour repérer la denrée fautive, de l’aveu du responsable de la sécurité alimentaire de Walmart. La majeure partie des informations sont en effet inscrites sur des documents papiers, de façon parfois approximative. L’utilisation d’une blockchain permettrait d’identifier précisément et bien plus rapidement l’ingrédient en cause, afin de l’enlever des rayons sans délais.

Concrètement, il s’agit pour l’ensemble des parties prenantes d’une chaîne logistique d’inscrire chaque étape du processus de fabrication d’un produit, depuis sa production jusqu’à son lieu de vente, dans une blockchain. L’avantage d’un registre blockchain réside dans sa transparence et sa gestion distribuée, rendant impossible tout contrôle ou modification de façon unilatérale. En fonction des cas, l’inscription sur le registre peut se faire de façon manuelle (en photographiant les documents avec son smartphone et en les mettant en ligne sur une plateforme ad hoc), ou automatique (via l’utilisation d’IoT : des capteurs connectés, attachés au produit, capables de transmettre automatiquement des données – localisation, température, humidité… – et de les inscrire sur la blockchain).

Ensuite, chaque partie prenante autorisée à accéder à cette blockchain peut vérifier quel participant a inscrit une information donnée, à quelle date et à quel horaire, etc. En d’autres termes, la blockchain permet un horodatage et une transparence du suivi des aliments, sans qu’un individu ou une entité ne puisse unilatéralement modifier ou supprimer d’informations. Les différents acteurs de l’industrie peuvent dès lors détecter en temps réel où et quand la faute ou la fraude a été commise.

Ce qui est valable pour l’industrie alimentaire et la distribution l’est également pour de nombreux autres secteurs :
l’industrie du luxe (lutter contre la fraude, par exemple s’agissant des diamants, sacs de luxe, etc.)
l’industrie du vin (améliorer la traçabilité des bouteilles ; garantir leur intégrité ; lutter contre la contrefaçon et le vol…)
le secteur pharmaceutique (lutter contre les faux médicaments)
les secteurs industriels, comme l’aéronautique et l’automobile (pour la traçabilité des pièces détachées)
l’immobilier et la bâtiment (pour les enjeux de maintenance ainsi que de data)
– etc.

De façon globale, la blockchain se montre particulièrement pertinente dans les cas où différentes parties prenantes n’ayant pas les mêmes intérêts, ou ne se faisant pas confiance a priori, sont amenées à collaborer ensemble – ce qui est typiquement le cas pour la supply chain (par exemple, envoyer des produits frais d’Afrique de l’Est vers le continent européen implique aujourd’hui le feu vert d’au moins 30 personnes, et plus de 200 interactions entre organismes). La blockchain permet en effet de responsabiliser les parties prenantes sur ce qu’elles inscrivent dans le registre – améliorant ainsi significativement la fiabilité de la base de données. Dès lors, la transparence apportée par ce registre distribué constitue une désincitation forte à frauder le système, car toute fraude se repérerait bien plus facilement et rapidement qu’avec les mécanismes actuels.

 

 
 
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