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Comprendre la blockchain avec pédagogie

Claire Balva, CEO de Blockchain Partner, a donné une longue interview au magazine Capital pour revenir sur la notion de blockchain et répondre aux questions les plus posées sur le sujet.

–> Lire l’interview en intégralité sur le site de Capital

Morceaux choisis :

-« La blockchain a bénéficié d’une forme d’excitation, tout à fait classique devant une telle nouveauté, il y a deux ou trois ans, accentuée par la montée des cours en 2017. La complexité du sujet a de plus conduit à des généralisations, dans la presse, qui ont laissé penser que la blockchain allait sauver le monde. Aujourd’hui, on est passé de l’effet “waouh” à la construction d’applications très concrètes, qui est d’ailleurs totalement décorrélée des cours des cryptos. Vu de l’extérieur, ce travail de développement fait sans doute moins de bruit médiatique que les cours ou que l’excitation de la nouveauté, mais l’écosystème et les possibilités d’applications sont en fait bien plus riches aujourd’hui qu’il y a deux ou trois ans. »

-« Pour citer l’un des plus grands informaticiens français, Gérard Berry : un système est sûr non pas quand il est inattaquable – ce qui est théoriquement impossible –, mais quand ça coûte trop cher de l’attaquer. Ce principe est au cœur des blockchains, via une logique d’incitation économique : si un acteur a une puissance de calcul considérable, il a plus intérêt à participer au réseau, en tentant de valider des transactions (ce qui lui ferait gagner des cryptomonnaies), qu’à essayer d’attaquer le réseau. Voilà pourquoi les blockchains sont considérées comme étant à la croisée de différentes innovations, en théorie des jeux, en cryptographie, etc. »

-« Les blockchains et cryptomonnaies permettent l’émergence d’un système financier alternatif. Toute une gamme de services financiers bénéficiant des avantages de la décentralisation (liberté d’accès, résistance à la censure…) sont en train de voir le jour : crédits, prêts, dérivés… C’est un des aspects les plus intéressants de la sphère blockchain à l’heure actuelle. »

-« La blockchain ne supprime pas les intermédiaires, elle les redéfinit. Certains intermédiaires sont menacés, spécialement ceux dont la valeur ajoutée réside majoritairement dans l’exécution de transferts de valeur. Mais les intermédiaires qui apportent du conseil humain, par exemple, garderont leur rôle à plus forte valeur ajoutée. Et d’autres intermédiaires naîtront, en particulier parce qu’un grand nombre d’utilisateurs n’accéderont probablement pas aux blockchains directement : ils passeront par des services, parfois centralisés, capables d’apporter une expérience utilisateur très travaillée, des prestations supplémentaires, etc. »

-« La France a déjà pris un retard important dans l’intelligence artificielle : nous ne pouvons pas nous permettre de prendre à nouveau du retard dans cette nouvelle innovation de rupture. Il y va de notre rayonnement économique mais aussi de notre souveraineté. Les écosystèmes qui se seront le mieux préparés aux blockchains et à la cryptoéconomie seront difficilement rattrapables ensuite, lorsque ces technologies décolleront plus fortement. »