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Tribune sur les ICO dans Capital

Le magazine Capital a publié cette semaine un hors-série sur les cryptomonnaies. Claire Balva, CEO de Blockchain Partner, y a écrit une tribune pédagogique sur les Initial Coin Offering (ICO).

Retrouvez ci-dessous sa tribune :

« Dans les milieux technologiques et financiers, un nouveau mécanisme de financement suscite l’excitation depuis l’an dernier : l’ICO. Près de 5 milliards de dollars ont déjà été levés via cette méthode sur la seule année 2017. Que se cache-t-il vraiment derrière cette innovation ?

ICO, Késako ?

Une ICO (ou Initial Coin Offering) est une nouvelle méthode de levées de fonds qui consiste à émettre des actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaies. Ces actifs numériques, plus communément appelés tokens (jetons, en français), sont créés par l’équipe à l’origine du projet, et peuvent être achetés par quiconque lors de l’ICO, en échange de cryptomonnaie.

A l’inverse d’une levée de fonds classique, ces tokens ne représentent pas des actions de l’entreprise, mais en général un droit d’usage du service, tel que des points de fidélité. En acquérant des tokens, on achète donc -en avance- le produit ou le service qui sera développé. Il s’agit ici d’une logique similaire à celle du crowdfunding (les ICO sont d’ailleurs parfois appelées crowdsales).

La valeur des tokens est donc censée dépendre du service ou du produit qui sera fourni par l’organisation à l’origine de l’ICO. Mais elle fluctue aussi et surtout selon l’offre et la demande : après l’ICO, les tokens sont vendables et achetables sur des plateformes d’échange, ce qui constitue la grande différence avec le crowdfunding.

Quel intérêt ?

Côté investisseur, l’objectif est donc à la fois utilitaire (droit d’usage du service) et spéculatif (revente du token). Dans les deux cas, ils misent sur un fort développement du projet, qui accroîtrait mécaniquement la valeur du token. Tout cela contribue au développement d’une communauté d’investisseurs incités à s’impliquer dans le projet.

Les ICO servent aujourd’hui essentiellement à financer le lancement d’applications décentralisées fonctionnant sur un protocole blockchain (Bitcoin ou Ethereum par exemple), ou à financer directement des protocoles blockchain (comme le protocole Tezos qui a levé plus de 200M$ en 2017). Les ICO permettent à ces projets de contourner le système classique de capital-risque, qui n’aurait pas permis de financer (autant) le projet à un stade précoce de développement.

Au-delà d’une méthode de financement, les ICO représentent un véritable changement de modèle. Jusqu’ici, faire partie des pionniers d’un service n’était pas récompensé, puisque les grandes entreprises du numérique se sont développées sur l’effet de réseau (plus un réseau a d’utilisateurs, plus il est intéressant de le rejoindre). Au contraire, lors d’une ICO, les participants sont incités à rejoindre le réseau le plus tôt possible, au moment où le token présente une valeur encore faible. Les ICO permettent donc à de nouveaux protocoles ou services numériques d’émerger bien plus facilement.

Travail considérable à réaliser

Devant l’apparente facilité offerte par cette méthode pour lever des fonds, on assiste à une multiplication des ICO : de 50 ICO sur toute l’année 2016, on décompte désormais plus de 50 projets par mois. Malgré cet engouement, les ICO ne sont toutefois pas (encore ?) la nouvelle « méthode-miracle » pour lever de l’argent. Si on lit souvent qu’une ICO permet en quelques minutes de lever des montants astronomiques, cette affirmation est néanmoins trompeuse : elle masque le travail considérable à réaliser en amont et en aval de l’opération. De nombreuses équipes foncent ainsi tête baissée en sous-estimant les difficultés, liées par exemple à l’incertitude actuelle sur le cadre juridique.

Si le montant total levé en ICO continue de croître (1 milliard de dollars rien que sur décembre 2017), le montant moyen levé par ICO, lui, est en baisse. Il s’agit là simplement de la stabilisation d’un marché naissant, de la même manière que celui du crowdfunding il y a dix ans. Alors que nombre de projets ont levé ces derniers mois des montants bien plus importants que leurs besoins réels, il est probable que 2018 marque le début d’une plus grande maturité du marché. En parallèle, ces prochains mois permettront de prendre le recul nécessaire sur les développements des premiers projets financés en ICO…»

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